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Publications récentes sur l’Indochine coloniale

par VLC - 12 février 2013

Sébastien Verney, L’Indochine sous Vichy. Entre Révolution nationale, collaboration et identités nationales 1940-1945, Paris Riveneuve éditions, 2012, 517 p.

Hanoi, juin 1940. La nouvelle de la fuite du gouvernement à Bordeaux, puis de l’humiliant armistice du 22 juin résonnent comme un coup de tonnerre dans la possession française d’Indochine. Se présente alors un formidable défi pour les autorités coloniales : comment assurer, à plus de 12 000 kms d’une métropole assommée par la défaite, le maintien de la colonie, tout en résistant aux prétentions impériales du Japon, redoutable allié de l’Allemagne ? Face à une contestation locale, nationaliste, communiste, japonaise et à la menace de sécession de l’empire que fait courir la dissidence gaulliste, le régime de Vichy apparaît comme l’emblème d’un pouvoir légal, il reste garant de stabilité aux yeux des autorités coloniales.

C’est ainsi que l’Indochine, sous la direction de son gouverneur général, l’amiral Decoux, devient de 1940 à 1945 le laboratoire d’une Révolution nationale destinée à créer cet « homme nouveau » que vante le nouveau régime. Jouant aux apprentis sorciers, les autorités françaises instaurent une politique de collaboration avec le Japon en guerre et une politique identitaire et raciale novatrice pour les populations colonisées. Si les autorités pensent contrôler l’Indochine, dans les faits ces deux politiques creuseront le tombeau du colonialisme français et pèseront lourdement sur l’avenir de la péninsule en 1945.

Résultat d’un travail de plusieurs années en Asie du Sud-Est, éclairé par des archives nouvelles, françaises mais également vietnamiennes, cambodgiennes et laotiennes, ce livre ouvre de nouvelles pistes de réflexion sur la Seconde Guerre mondiale. Plus qu’une simple parenthèse, voici un pan essentiel de l’histoire méconnue des pays indochinois, mais aussi de l’histoire française pendant les années noires.

Sébastien Verney est docteur en Histoire et professeur d’histoire-géographie. Il a vécu au Viêt Nam de 2003 à 2007 et travaillé à l’école française Colette à Hô Chí Minh-ville (ex Saigon). Ses recherches portent sur l’histoire du colonialisme, du patrimoine et des transfuges entres civilisations colonisées et colonisatrices.

Présentation de l’ouvrage (pdf) :

PDF - 489 ko

Date de parution : février 2013

Notice SUDOC : http://www.sudoc.fr/165821345


Chizuru Namba, Français et Japonais en Indochine (1940-1945). Colonisation, propagande et rivalité culturelle, Paris, Karthala, 2012, 288 p.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les colonialismes français et japonais se sont croisés en Indochine. Profitant de la défaite de la France en Europe, le Japon prend pied en Indochine en 1940. Celle-ci présente alors deux particularités : elle est d’abord la seule colonie en Asie du Sud-Est où le Japon laisse en place une souveraineté occidentale, en totale contradiction avec « l’émancipation de l’Asie » qu’il professe pourtant largement. C’est en second lieu dans cette colonie, la plus éloignée de la France, que le régime de Vichy se maintient le plus durablement, même après son effondrement en métropole.

Les Français, qui ont colonisé l’Indochine 80 ans plus tôt, et les Japonais, nouveaux occupants asiatiques, y coexistent ainsi pendant cinq ans, se partageant ses richesses et bénéficiant de conditions matérielles privilégiées et d’une situation pacifique exceptionnelle alors que partout ailleurs la guerre fait rage.

Cet ouvrage analyse la manière dont la présence franco-japonaise s’est traduite dans la vie quotidienne des différentes populations et comment elle s’est manifestée à travers la propagande et la politique culturelle. C’est en effet dans le domaine culturel que l’on peut le mieux observer les manoeuvres intenses et subtiles déployées par les Français et par les Japonais pour tenter d’exercer une plus grande influence sur les populations autochtones. Les deux puissances occupantes agissent toujours en tenant compte l’une de l’autre afin d’éviter les conflits ouverts, mais cette cohabitation fragile, qui masque tant bien que mal les rivalités existantes, se brisera brusquement avec le coup de force japonais du 9 mars 1945.

Chizuru Namba, docteure en histoire, est maître de conférences à l’Université Keio (Tokyo).

Date de parution : 13 juillet 2012

Notice SUDOC : http://www.sudoc.fr/16407726X


Patrice Morlat, Indochine années vingt : Le rendez-vous manqué (1918-1928). La politique indigène des grands commis au service de la mise en valeur, Paris, Les Indes Savantes, coll. Asie, 553 p.

Dans ce deuxième volet consacré à l’Indochine des années vingt, Patrice Morlat traite de la politique indigène attenante au "mandat" géostratégique confié par la métropole à sa grande possession d’Asie : être son balcon sur le Pacifique. On ne peut pas en effet faire mener 20 millions d’Indochinois par 20 000 Français sans avoir établi une politique indigène et un discours colonial approprié.

Ce livre couvre en quatre parties tous les aspects de cette politique : discours, réformes politique et judiciaire, instruction publique, politique religieuse, administration des différents pays de l’Union et enfin l’émergence d’une opinion publique vers 1925.

Il intéressera naturellement tous les spécialistes ou amateurs de l’Indochine coloniale mais également ceux qui s’intéressent aux Missions étrangères de Paris, au Grand Orient de France, à la littérature coloniale.

Patrice Morlat est docteur en Histoire de l’université Paris-VII - Denis Diderot, et chercheur associé au SEDET. Spécialiste de la colonisation française en Indochine, il a déjà publié plusieurs ouvrages sur ce thème. Il dirige aux Indes savantes, la collection "Le temps colonial".

Date de parution : 12 octobre 2006

Notice SUDOC : http://www.sudoc.fr/110305086


Vue partielle du contenu

Philippe Grandjean, L’Indochine face au Japon : 1940-194. Decoux-de Gaulle, un malentendu fatal, Paris, L’Harmattan, coll. Recherches asiatiques, 2004, 300 p.

On a beaucoup écrit sur la deuxième Guerre mondiale et sur la guerre d’Indochine (1946-1954). Mais très peu sur l’étonnante aventure de l’Indochine dans la deuxième Guerre mondiale (1940-1945). Isolée, soudain, d’une Métropole écrasée en juin 1940, l’Indochine française de l’amiral Decoux est restée, après 1942, le seul îlot "blanc" dans le raz-de-marée nippon d’après Pearl Harbor. Contrainte d’accepter un stationnement et un transit de troupes japonaises, elle a, au contraire de la France occupée, maintenu une souveraineté française entière et une armée libre de ses mouvements. Le tout au prix d’une allégeance appuyée au lointain Maréchal et d’une forte autorité, parfois marquée de bavures, mais toutes deux vitales, face aux Nippons, pour la survie de cette France du bout du monde. Inventive par, nécessité, elle a sauvé l’économie. Plus étonnant, elle a lancé un véritable "aggiornamento" du statut colonial, multiplié les écoles et les stades, réhabilité les patries et relancé leurs cultures. Cet "incroyable pari", suivant le mot de L. Bodard, a tenu cinq ans.

Pourquoi, le 9 mars 1945, moins de cinq mois avant Hiroshima, Tokyo a-t-il été conduit à balayer l’imperium français ? L’auteur décrit le fatal enchaînement né du malentendu entre la France libérée et une Indochine qui allait bientôt lui revenir intacte, avec les conséquences tragiques qui en ont découlé. Le 9 mars 1945 a engendré la guerre d’Indochine.

Condisciple du futur général Giap à l’Université de Hanoi, puis docteur en droit et élève de Sciences Po, l’auteur, évadé d’un camp allemand, a vécu l’Indochine de la 2e guerre mondiale, de 1941 à 1945, comme officier ou avocat. Il en est l’un des survivants et des meilleurs connaisseurs.

Date de parution : 1er novembre 2004

Notice SUDOC : http://www.sudoc.fr/08076892X


Eric T. Jennings, Vichy sous les tropiques. La Révolution nationale à Madagascar, en Guadeloupe, en Indochine 1940-1944, Paris, Grasset, 2004, 386 p.

Quel fut le sort des colonies françaises restées loyales à Vichy ? Cet ouvrage exceptionnel analyse l’enthousiasme réservé à la Révolution nationale en milieu colonial, et les adaptations, mutations, ramifications qu’y connut cette idéologie. Jusqu’ici, les historiens du régime de Vichy et les spécialistes du colonialisme n’avaient pas apprécié l’impact de la Révolution nationale outre-mer. Plus qu’un simple choc psychologique, la défaite de 1940, puis l’avènement de Vichy marquèrent un durcissement des pratiques coloniales, depuis le travail forcé jusqu’au racisme affiché, en passant par l’introduction d’un "folklore authentique".

Juifs et Francs-maçons furent persécutés jusqu’aux confins de l’océan Indien ou de la mer de Chine. En Guadeloupe, l’épuration ode la culture républicaine fut entreprise entre 1940 et 1943... En Indochine, 600 000 jeunes furent embrigadés dans les Chantiers de jeunesse pétainistes. En étudiant pour la première fois la Révolution nationale "sous les tropiques", cet ouvrage, basé sur un travail d’archives effectué sur quatre continents, ouvre des perspectives inédites : tant sur l’histoire de Vichy que sur celle du colonialisme et de la décolonisation française. Il répond ainsi à une question clef : à quoi aurait ressemblé un régime de Vichy affranchi de toute présence allemande ?

Eric Jennings est professeur d’histoire contemporaine au Canada, à l’Université de Toronto. Spécialiste de la colonisation française, il est l’auteur de nombreux articles sur la France coloniale de 1870 à 1945. Cet ouvrage, publié chez Stanford University Press, et qu’il a lui-même traduit, est tiré de sa thèse soutenue aux USA, à l’Université de Berbeley.

Date de parution : 21 avril 2004

Notice SUDOC : http://www.sudoc.fr/078241499


Patrice Morlat, Indochine années vingt : le balcon de la France sur le Pacifique (1918-1928). Une page de l’histoire de France en Extrême-Orient, Paris, Les Indes Savantes, 2001, 610 p.

La politique d’association proposée par la République impériale aux élites indochinoises au début des années vingt vise, par ce que l’on appelle alors la politique indigène, à faire partager aux populations colonisées le grand dessein assigné par la métropole à sa grande possession d’Asie : devenir le Balcon de la France, sur le Pacifique.

La France, victorieuse militairement sur le continent européen, sort vaincue financièrement, démographiquement et économiquement de la Grande Guerre. Elle se retrouve de surcroît isolée diplomatiquement de ses alliés d’hier et confrontée à l’affirmation, dans le Pacifique extrême-oriental, de nouvelles puissances impérialistes comme le Japon et les Etats-Unis. A cela s’ajoute la crise des instituts bancaires qui devaient y soutenir ses intérêts : entre autres, le fameux krach de la Banque Industrielle de Chine.

Aussi la France, qui n’a plus les moyens de tenir son rôle de grande puissance en Asie, doit-elle trouver un relais, une métropole seconde susceptible d’affirmer sa position dans les domaines politique, diplomatique, militaire et surtout économique. Dès lors, l’Indochine, joyau de l’Empire colonial français, appelée à pallier les difficultés de la République en Extrême-Orient, va s’efforcer de faire face aux nouveaux impérialismes ainsi qu’à la montée en puissance du Komintern, de la révolution chinoise et du militarisme japonais.

Confrontée à ces bouleversements, l’Indochine se mue progressivement de balcon sur le Pacifique en bastion sur le Pacifique. Patrice Morlat, tout en brossant un tableau général de la présence française en Extrême-Orient, le démontre dans cet ouvrage magistral.

Patrice Morlat est docteur en Histoire de l’Université Paris VII - Denis Diderot. Spécialiste de l’administration et de l’Etat colonial indochinois, il a déjà publié aux éditions L’Harmattan La Répression coloniale au Vietnam, en 1990 et Les Affaires politiques de l’Indochine. Les Grands commis : du savoir au pouvoir, en 1996.

Date de parution : 15 avril 2003

Notice SUDOC : http://www.sudoc.fr/060897996


Pierre Brocheux & Daniel Hémery, Indochine : La Colonisation ambiguë, 1858-1954, Paris, La Découverte, coll. Textes à l’appui, 2004, 496 p. (nouvelle édition augmentée et mise à jour)

Dans le devenir des sociétés de la péninsule indochinoise, la colonisation française, en dépit de sa relative brièveté temporelle, a représenté un moment d’histoire crucial. Composante fondamentale du système colonial français, l’Indochine a été la matrice du Vietnam, du Cambodge et du Laos contemporains. C’est l’un des lieux où, après 1945, s’est déterminée la décolonisation, avant qu’il ne devienne l’objet du principal conflit militaire de la guerre froide et de l’opposition entre le tiers monde et l’Occident.

A partir des archives, des ouvrages et des travaux anciens on récents, ce livre rend compte des ambiguïtés du conflit et du contact entre colonisateurs et colonisés. Il interroge le processus de mise en dépendance de la péninsule par la France, les structures et le fonctionnement du pouvoir et de l’exploitation économique, les clivages de la société coloniale et des sociétés colonisées, les dynamismes inégaux des résistances à la colonisation française, des nationalismes et des mouvements sociaux dans l’ensemble indochinois. Enfin, il fait le point sur la décolonisation et la première guerre d’lndochine.

Cet ouvrage sans équivalent, entièrement actualisé depuis sa première publication en 1994, présente l’état actuel des connaissances et du questionnement historique sur une aire de civilisation dont on n’a pas fini de mesurer l’importance dans le destin du monde.

Précédentes éditions : 1994, 2001.

Pierre Brocheux, est maître de conférences à l’Université Paris-VII Denis Diderot. Il a dirigé une Histoire de l’Asie du Sud-Est : révoltes, réformes, révolutions (Presses universitaires de Lille, 1981). Il est l’auteur de The Mekong Delta. Ecology, Economy and Revolution, 1860-1960 (The University of Wisconsin Press, Madison, 1995) et de Ho Chi Minh (Presses de Sciences Po, 2000).

Daniel Hémery, est maître de conférences à l’Université Paris-VII Denis Diderot. Il est l’auteur de Hô Chi Minh. De l’Indochine au Vietnam (Gallimard, 1990) et de Révolutionnaires vietnamiens et pouvoir colonial en Indochine (Maspero, 1975).

Date de parution : 06/05/2004 (autres tirages 2001, 2004, 2007, 2009)

Notice SUDOC : http://www.sudoc.fr/059618159


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Trinh Van Thao, L’École française en Indochine, Paris, Karthala, coll. Hommes et société, 1995, 321 p.

Pour le citoyen français, le Vietnam est tout à la fois pays proche et lointain. proche, car chacun a côtoyé, rencontré, dialogué ou étudié avec l’un de ses ressortissants, si bien intégrés, souvent de longue date. Mais il est aussi lointain. Non seulement par la distance certes, mais encore par le temps : en effet, à la colonisation française, qui s’est imposée durant un siècle, ont succédé deux guerres douloureuses et un régime communiste. Enfin, le Vietnam nous est lointain par sa langue, sa culture et ses traditions.

Pourtant, la colonisation française y a laissé des traces indélébiles. Cet ouvrage sur l’école française en Indochine se propose d’évaluer les effets durables de la colonisation sur le destin social et culturel des peuples indochinois. Il montre aussi comment le système traditionnel confucéen d’éducation, qui valorisait les connaissances et les diplômes, fut un terreau fécond à l’épanouissement de générations d’intellectuels qui surent tirer les meilleur du système colonial. Il permet aussi de comprendre le comportementd es Vietnamiens face à l’école et leur goût pour les études.

Peu d’études ont analysé cette période de l’histoire vietnamienne. Or, le temps et l’évolution des mentalités permettent aujourd’hui une approche plus sereine des interfaces culturelles.

Cet ouvrage intéressera donc tous ceux, spécialistes ou non, qui souhaitent mieux connaître ce pays si proche et si lointain, qui représente, arppelons-le, le dernier bastion de la francophonie en Asie.

Trinh Van Thao est professeur à l’université de Provence et chercheur au CNRS (Institut de Recherche sur le Sud-Est Asiatique, IRSEA). Il est l’auteur de travaux portant sur la sociologie historiques des intellectuels vietnamiens.

Date de parution : 1995

Notice SUDOC : http://www.sudoc.fr/003996298


Jacques Valette, Indochine 1940-1945. Francais contre Japonais, Sedes, Regards sur l’histoire, 1993.

Entre 1940 et 1945, l’Indochine a fait figure de monde à part dans les pays de l’Asie du Sud-Est. La souveraineté française n’y a jamais été abolie, jusqu’au coup de force japonais du 9 mars 1945, contre l’Armée et l’Administration de la France.

Cet ensemble de territoires a toujours relevé de l’autorité du gouvernement de Vichy. Mais il a été l’objectif de diverses actions secrètes dont on parla peu, la Libération venue : groupes de résistants gaullistes dès 1940, réseau militaire de renseignement, lutte d’influence sur les frontières chinoises de groupements relevant d’autorités différentes (services sino-américains, services français du général Giraud, Mission militaire française aux ordres de la France libre).

La lutte contre les Japonais n’y cessa jamais, pendant que dans l’ombre le Viet Minh préparait sa prise de pouvoir au Tonkin. Elle est l’histoire que des documents, que l’on croyait détruits, ont permis de reconstituer.

Date de parution : 1993

Notice SUDOC : http://www.sudoc.fr/00298735X